Éclats - Komorebi

VIGN’ART 2022 - Parc de Mancy (Champagne)



Installation : Francine Garnier
Musique : Alain Engelaere

 

 

      Intervenir aux cœur des vignobles de Champagne donne déjà le goût à la bouche et fait monter des souvenirs de fête et de partage. En revenant à la «source» de son terroir on reste admiratif de son paysage à la fois tranquille en ses formes vallonées, ses vastes parties boisées, et intense par les activités humaines domestiquant les collines avec ses stries de rangs de palissage. 

      Comme un signal au bout d’un parc, l’œuvre scintille à la lumière et selon la volonté du vent. Les promeneurs en s’approchant observent sa forme ondulée rappelant les collines environnantes et restent fascinés par les mouvements incessants des vibrations des rubans. Faisant le tour de l’œuvre il sont saisis par le caractère hypnotique du cinétisme coloré des myriades de rubans parallèles. A travers l’œuvre le paysage se découpe. Comme un verre l’œuvre propose d’entrer en son cercle central pour en être entouré. Les multiples petits éclats de tesselles miroir au sol ajoutent brillance et préciosité.

       Vibrations, pétillants et éclats des rubans argentés et des tesselles miroir évoquent le 1er contact avec le champagne. Les piquets colorés à l’intérieur de la forme témoignent de son côté piquant sur les papilles. L’intérieur coloré de la forme apparaît comme une révélation de son goût derrière son effervescence. Les alignements de rubans avec leurs effets optiques et moirés font écho aux alignements des rangées de vignes. Les cailloux de calcaire blanc nous rappellent la nature du terrain.

       La musique, diffusée sur place durant une semaine puis par QR code, mêle les sons du vent, des feuillages et d’oiseaux, aux bruits d’eau, de gargouillis et d’éclaboussures enregistrés sur place…

 

 

KOMOREBI

 

SENTIER D’ART 2022 - Parc Parissot de Beaumontel (Bernay-27)

Installation : Francine Garnier
Musique : Alain Engelaere

  Les arbres sont au cœur des enjeux planétaires..

On attend beaucoup des arbres qui peuvent jouer un rôle déterminant pour la neutralité carbone : un mètre cube d’arbre sur pied consomme une tonne de dioxyde de carbone pendant sa croissance. 

Chaque arbre apparait aujourd’hui d’autant plus précieux, il nous rattache à la planète, à nos existences et provoque notre empathie avec toutes les formes de vie.

 

Pour croître, l’arbre a besoin d’eau et de lumière. Par delà le savoir on ne se lasse pas du spectacle qu’offrent ces géants du monde végétal. En particulier sa quête de lumière avec l’extension de ses branches aux formes si diverses, et l’étonnante foison de feuilles à tous les étages se glissant dans chaque percée de lumière. Les rayons solaires, filtrés par ces myriades d’interstices feuillus, pleuvent en lignes lumineuses et déversent des taches papillotantes d’ombres et de lumière alentour. Un mot japonais inexistant dans notre langue : KOMOREBI, désigne la lumière du soleil qui filtre à travers les feuilles d’arbre. 

 

Les rubans ont des couleurs à la fois contrastées et dégradées, ils sont mats et brillants, légers, ils volent et vibrent selon les caprices d’Eole. Leurs éclats suivent aussi les mouvements de la lumière, les taches de soleil, les déplacements de la source solaire selon les heures du jour. Tout en étant intégrés à l’environnement par leur finesse, le cinétisme et les jeux optiques qu’ils engendrent donnent à l’œuvre un caractère hypnotique.

 

Le frissonnement des feuilles au vent, outre la mouvance des jeux lumineux, provoque une vibration acoustique, on entend le vent arriver par cette voix des feuilles qui peut parfois aller jusqu’au grondement les soirs d’orage. Les rubans amplifieront ce frissonnement acoustique du vent, en particulier les rubans tendus qui peuvent parfois vibrer comme des anches instrumentales. Lors des journées de médiations (puis par QR code), le paysage sonore de la musique amplifiera l’effet d’enveloppement mystérieux de l’installation. 

 

L’oeuvre in situ se fera, par ses dimensions immersive et inclusive, visuelle et sonore, comme une caisse de résonance de ce magnifique parc où les arbres presque bicentenaires ont pu développer leur magnificence.